Coopérative Khemisset Chaouïa de Développement Agricole
Country: Morocco
Projects
07ckc-4951 Coopératives et valorisation des blés de qualité au Maroc
1. SITES D'INTERVENTION ET BENEFICIAIRES
Le projet sera mis en œuvre sur trois sites situés dans les deux zones d’intervention :
a) Zone de Settat
• Khemisset Chaouïa et Coopératives de base voisines (Mzoura et Toualet):
- Bénéficiaires directs : 50 paysans dans trois coopératives de base actives créées avec l’appui de FERT (potentiellement 350 ha).
- Bénéficiaires indirects : l’ensemble des paysans de la zone soit 1500 paysans
b) Zone de Meknes
• Had Bouhssoussen (CT d’Aguelmouss) :
- Bénéficiaires directs : 30 paysans rassemblés dans un groupe informel constitué (adhérents en partie à la CAM de Meknes, potentiellement 250 ha),
- Bénéficiaires indirects : l’ensembles des paysans de la zone soit 800 paysans
• Meknes - El Hajeb :
- Bénéficiaires directs : 45 paysans au sein de trois groupes informels (adhérents à la CAM de Meknes, potentiellement 400 ha),
- Bénéficiaires indirects : l’ensembles des paysans de la zone soit 1500 paysans
2. METHODOLOGIE D'INTERVENTION
La méthodologie proposée est basée sur une forte implication des Coopératives, des Groupes d’Agriculteurs et des Partenaires économiques avec l’appui des services du Ministère de l’Agriculture et des Organismes agricoles associés.
Les partenaires marocains (CAM de Meknes + ENA, Coops de Settat + INRA) seront chargés de maintenir un appui continu auprès des Groupes d’Agriculteurs sur le terrain (animation locale, appui agronomique).
Une coordination locale sera assurée entre les partenaires techniques et économiques impliqués de la production jusqu’à la commercialisation (Groupes d’agriculteurs, Coopératives de base, CAM, DPA, SONACOS, INRA, ONICL, Minotiers…) :
Dans chacune des 2 zones, une coordination locale sera assurée par un agronome « animateur » issu, d’un côté, de l’Ecole Nationale d’Agriculture de Meknes, et de l’autre de l’INRA de Settat.
Par ailleurs, un consultant marocain sera chargé d’assurer d’une part un lien entre ces deux zones et d’autre part une coordination plus spécifique sur les aspects filière.
FERT apportera son savoir-faire en terme d’animation des groupes, de formations-actions destinées aux producteurs, aux responsables des coopératives et aux techniciens et cadres impliqués, ainsi que l’expertise nécessaire sur les thèmes techniques. FERT fera appel pour cela aux compétences et aux ressources humaines des coopératives agricoles françaises.
Enfin, FERT assurera la coordination globale et le suivi-évaluation du projet.
Un Comité de suivi du projet, constitué de la Coopérative KhemCha, de la CAM de Meknes, et de FERT se réunira deux fois par an pour évaluer l’état d’avancement du programme.
3. PARTENAIRES
Des partenaires marocains et français, avec lesquels des relations de partenariat ont été nouées depuis plusieurs années, seront mobilisés dans le cadre de cette action.
3.1. Zone Settat
a) Secteur de Khemisset Chaouïa - Mzoura - Toualet :
- DPA de Settat et Coopérative KhemCha pour l’appui aux petites Coopératives de base (Mzoura et Toualet)
- CRRA de Settat pour l’appui agronomique
3.2. Zone de Meknes
a) Secteur de Bouhssoussen (Khenifra) :
- CAM de Meknes et CT d’Aguelmouss pour l’appui au Groupe
- ENA de Meknes pour l’appui agronomique sur le secteur
b) Secteur de Meknes-El Hajeb :
- CAM de Meknes pour l’appui au Groupe
- ENA de Meknes pour l’appui agronomique sur le secteur
3.3. Etudes et expérimentations (stockage et conservation, filière
- IAV Hassan II (Dépt. Génie Rural)
3.4. Partenaires français pouvant être mobilisés (missions, voyages d’études)
- Coopératives françaises : Groupe Coopératif Occitan (Castelnaudary), AudeCoop – La Toulousaine, Groupe Provence Services (Coop de Manosque), Groupe Agralys
- Arvalis Institut du Végétal
- Autres Organisations Professionnelles Agricoles selon les besoins
- ONIGC France
4. PROGRAMME D'ACTIONS
Le programme est prévu sur une durée de 3 ans (2007-2009) et s’articule autour des thématiques suivantes :
4.1. Coopératives et Groupes de base pour produire mieux
Il s’agit de renforcer les Coopératives et de structurer les Groupes de base par un travail d’animation à mener sur le terrain auprès des producteurs pour les accompagner dans leur démarche de regroupement sur la base d’intérêts communs.
La mise sur le marché de leur récolte, de façon collective au travers du système coopératif, est le thème fédérateur principal. L’intérêt d’un groupe cohérent prend tout son sens quand il s’agit de respecter ensemble un « cahier des charges » qui détermine la qualité recherchée et donc, en principe, des prix rémunérateurs.
La structuration sous forme coopérative fera l’objet d’actions de formations spécifiques adaptées aux réalités locales.
4.2. Produire, collecter et stocker en conservant la qualité du grain
a) Améliorer la maîtrise agro-économique de la production
L’appui agronomique auprès des Groupes, mis en œuvre par le biais des coopératives, vise l’amélioration des compétences des producteurs, en introduisant des techniques et des systèmes de production innovants allant dans le sens de rendements améliorés, de limitation des coûts et de produits de qualité.
Les systèmes « Non Labour / Semis Direct », à introduire ou à développer selon les zones, constitueront l’entrée qui mobilisera les paysans autour de pratiques nouvelles basées sur l’Agriculture de Conservation.
b) Organiser la collecte à la base, améliorer et maîtriser le stockage et la conservation du grain
Tout comme pour l’aspect production à la parcelle, le Groupe d’agriculteurs a un rôle important à jouer au niveau de la collecte des récoltes, du nettoyage et de la mise en lots des variétés recommandées. L’organisation prendra différentes formes selon que le Groupe pourra gérer lui-même cette étape (équipement spécifique de pré-nettoyage), avec l’appui de la coopérative, ou qu’il livrera directement la production à l’organisme stockeur.
Des analyses sur la qualité physique des lots seront effectuées au départ et encours de projet.
Qu’il soit pris en charge par le Groupe ou par un Organisme Stockeur, le stockage initial à l’échelle communale prendra différentes formes selon les sites : matmoras (méthode traditionnelle), bardis, hangars, silos métalliques. Ces systèmes seront étudiés de façon à en dégager les atouts et les inconvénients, et surtout les possibilités d’améliorations afin de réduire les pertes et de conserver la qualité du blé.
4.3. Commercialisation et Filière céréales : des circuits courts valorisant la qualité du blé
Les minoteries, qu’elles soient liées aux coopératives ou privées, seront associées dès le départ à la mise en place de formules innovantes de mise en marché des blés produits, collectés et stockés dans le cadre du projet. Différents types de circuits seront ainsi testés selon les sites ; il s’agira principalement :
- pour des Groupes ou petites Coopératives disposant de capacités de nettoyage et de stockage, d’établir des contrats de vente directe avec un acheteur final (Minotier)
- pour des Groupes n’ayant pas de capacités de stockage, d’établir des contrats de vente auprès d’un acheteur final avec, éventuellement, un accord intermédiaire de stockage auprès d’un Organisme Stockeur local.
Dans tous les cas des critères qualitatifs, des prix et des modalités de paiement seront définis d’un commun accord de façon à ce que la production corresponde aux attentes des transformateurs en fonction de leurs propres débouchés et que la qualité des blés soit valorisée équitablement au niveau des paysans.
Des analyses sur la qualité technologique des variétés, ou lots de blé, seront réalisées en fonction des possibilités offertes par les laboratoires marocains.
5. RESULTATS ATTENDUS
Compte tenu de la nature du projet et de son déroulement sur 3 années consécutives, les résultats indiqués ci-après correspondent aux résultats attendus à l’issue de la troisième année, soit fin 2009.
Sont indiqués également les résultats qui seront en partie atteints dès la 1ère année (fin 2007)
5.1. Consolidation des Coopératives et Groupes d’Agriculteurs
a) Résultats attendus dès la première année (fin 2007)
• Des groupes de base de producteurs centrés sur la thématique « qualité et valorisation des céréales » seront constitués dans chaque zone et au sein des Coopératives
• Les relations entre les Groupes de base et les Coopératives seront formalisées
• La structuration des Coopératives et leurs capacités de gestion seront renforcées
• Les techniciens des coopératives seront formés aux différentes techniques et méthodes développées au cours du projet dans un souci de pérennisation
b) Résultats attendus au terme du projet (fin 2009)
• Coopératives de base à Settat : les coopératives de Mzoura, Toualet, Sidi Bou Mehdi auront atteint le même niveau de fonctionnement interne et d’efficacité que la coopérative KhemCha
• CAM de Meknes : elle aura amélioré ses liens avec les groupes de Meknes-ElHajeb, et surtout avec celui de Bouhssoussen qui sera éventuellement formalisé localement sous forme de coopérative de base
5.2. Production, Collecte et Stockage
5.2.1. Amélioration de la maîtrise agro-économique de la production
a) Résultats attendus au terme du projet (fin 2009)
• Amélioration des techniques culturales par l’introduction de nouvelles variétés et d’itinéraires techniques chez :
- 50 agriculteurs de la zone de Settat, soit sur environ 350 ha
- 75 agriculteurs de la zone de Meknes (30 à Bouhssoussen, soit environ 250 ha, et 45 h à Meknes-ElHajeb, soit environ 400 ha)
• Semis Direct :
- Zone de Meknes : introduction du système (sous réserve d’acquisition du matériel) faisant passer de 0 ha à environ 200 ha à Bouhssoussen et 800 ha à Meknes-ElHajeb les surfaces en semis direct
- Zone de Settat (système déjà introduit) : passer de 115 ha à 600 ha
• Outre une amélioration espérée des rendements en blé d’au moins 20% (selon aléas climatiques), les coûts de production seront réduits d’au moins 20%, notamment par l’introduction du Semis Direct.
• Impact sur la qualité : l’appui technique apporté influera au niveau de la parcelle sur la qualité du grain produit (cf ci-après)
5.2.2. Organisation de la collecte à la base, amélioration et maîtrise du stockage et de la conservation du grain
a) Résultats attendus dès la première année (fin 2007)
• Qualité physique du blé (toutes zones) : la production du blé sera caractérisée dans toutes les zones (PS, humidité, impuretés).
• Les systèmes de stockage pratiqués seront caractérisés. Des améliorations techniques seront apportées à ces systèmes afin de réduire les pertes éventuelles en quantité ou en qualité.
b) Résultats attendus au terme du projet (fin 2009)
• Qualité physique du blé (toutes zones) : un système adapté de nettoyage-triage sera opérationnel auprès de chaque groupe de producteurs, afin de fournir une matière première aux normes
• Collecte et stockage :
- Les agriculteurs des Groupes impliqués se seront organisés, soit pour nettoyer et stocker individuellement, puis rassembler leur production pour commercialiser des lots homogènes et de qualité, soit pour nettoyer, stocker, puis commercialiser collectivement leur production (en tant qu’activité d’une coopérative de base ou d’une CAM)
- De nouveaux systèmes de stockage seront introduits, selon les contextes locaux, afin de faciliter la conservation du grain, soit à l’échelle individuelle, soit de façon collective, avant sa commercialisation.
5.3. Commercialisation et Filière céréales :
a) Résultats attendus dès la première année (fin 2007)
La valorisation de la qualité du Blé sera obtenue au travers des résultats suivants :
• Coopératives de Settat : elles auront négocié avec un acheteur des conditions favorables pour la commercialisation collective de la production des Groupes
• CAM de Meknes : elle aura défini au niveau de sa Minoterie, et en accord avec les Groupes de Bouhssoussen et d’El Hajeb, les critères et les quantités de blé qu’elle veut acheter auprès de ses producteurs adhérents, ainsi que des modalités d’achat valorisant la qualité attendue (prix, paiement…)
b) Résultats attendus au terme du projet (fin 2009)
• Des formes de contrat seront mises en place et les prix d’achat établis entre les partenaires du projet (Minoteries- Coopératives - Groupes de producteurs) seront significativement supérieurs à ceux constatés sur le marché national, grâce à une valorisation de la qualité obtenue.
• Les responsables coopératifs seront formés à la négociation commerciale au nom de leurs adhérents.
6. EVALUATION ET CAPITALISATION
Le dispositif de coordination mis en place par le projet (un coordinateur local dans chaque zone et une coordination générale par le responsable de Fert) permettra d’avoir un suivi en temps réel de l’avancement des actions sur le terrain et au sein des Coopératives. Les informations seront partagées par tous les acteurs grâce aux échanges par internet, mais aussi lors de réunions de suivi à l’occasion des missions de FERT au Maroc.
Par ailleurs, le Comité de suivi du projet (Coop Khemisset Chaouia, CAM de Meknes et FERT) se réunira deux fois par an pour faire le bilan des acquis sur l’ensemble du projet et réajuster éventuellement le programme.
Des fiches de capitalisation permettront de rassembler les acquis techniques et organisationnels du projet au niveau des producteurs et de fournir des données technico-économiques qui seront autant de références utiles aux opérateurs de la filière (Coopératives de base, CAM, commerçants privés, minotiers) et à l’Administration, pour développer les productions de qualité et rénover les relations commerciales entre l’amont et l’aval. En effet, malgré une volonté générale d’améliorer l’efficacité de la filière céréalière au Maroc, les divers acteurs, y compris les décideurs, manquent de modèles concrets et d’expériences pratiques réussies auxquels ils peuvent se référer. Le projet constitue à ce titre une action pilote et démonstrative qui répond à cette attente.
Par ailleurs, dans le cadre des relations et des échanges établis entre organisations paysannes, organismes économiques et structures de recherche méditerranéennes au sein du réseau RCM animé par FERT, ces résultats seront aussi transférés auprès des partenaires de pays comme l’Algérie, la Tunisie, le Liban qui sont confrontés aux mêmes enjeux.
Des fiches techniques permettront de capitaliser les acquis du projet au niveau de la production et fourniront des données technico-économiques qui pourront servir de références aux opérateurs de la filière (Coopératives de base, CAM, commerçants privés, minotiers) et à l’Administration pour développer les productions de qualité et rénover les relations commerciales entre l’amont et l’aval.
